Après le franchissement de l’Orne, la place du 36e Régiment d’infanterie constitue historiquement l’un des principaux points d’entrée dans la ville de Caen pour les voyageurs en provenance de Paris, de Tours ou d’Angers.

Cet espace urbain est fortement marqué par la présence militaire et la mémoire qui lui est associée. La place est dominée par la caserne Hamelin, qui accueille le 36e régiment d’infanterie depuis la fin du XIXe siècle et dont elle tire son nom. Elle abrite également le pavillon de l’État-Major ainsi qu’un imposant monument aux morts, devant lequel se déroulent régulièrement des cérémonies patriotiques.

En 1936, cet espace n’est toutefois plus exclusivement militaire. La caserne, partiellement sous-utilisée après la Première Guerre mondiale, fait l’objet de débats sur sa reconversion, tandis que certains bâtiments annexes ont déjà été démolis pour accompagner les aménagements urbains. Parallèlement, la place s’ouvre à la modernité : elle est traversée par le tramway électrique et voit la montée en puissance de l’automobile, avec, à proximité, l’installation de garages et de succursales de grandes marques comme Citroën, Renault ou Peugeot.

Totalement détruite lors des bombardements de 1944, cette place est reconstruite sur le même schéma, profitant de quais plus larges. Les bâtiments militaires sont définitivement effacés du paysage au profit de logements collectifs.
Les garages se maintiennent quelque temps dans le quartier, avant de disparaître progressivement, jusqu’à leur retrait complet au milieu des années 2010 et la fermeture de Citroën.

